Place dans la politique agricole européenne du début du XXIe siècle:Selon l'Agenda 2000, les agriculteurs sont tenus de respecter certaines normes environnementales de base, sans recevoir de compensation financière. Ils sont également soumis au respect du principe de pollueur-payeur. Cependant, les mesures agri-environnementales proposent de rémunérer les agriculteurs souscrivant à des engagements allant au-delà des bonnes pratiques agricoles. En particulier, la pratique de l'agriculture biologique permet de percevoir des primes. De plus, l'agriculteur biologique peut recevoir des aides aux investissements. Ces actions devraient tendre à favoriser l'adoption de pratiques d'agriculture biologique.
Depuis l'adoption du réglement européen de 1992, de nombreuses exploitations se sont converties à ce nouveau type de production agricole.
Contre les primes agricoles aux pollueurs :En 2006 chaque état de l'union européenne choisit les modalités d'attribution des aides de la politique agricole commune (PAC). La France a établi un système d'aide nouveau qui doit fonctionner jusqu'en 2013. Elle a choisi de calculer pour chaque agriculteur le montant de ces aides en fonction de ses revenus moyens pendant les années 2000, 2001, 2002. Il découle de cette pratique délibérément choisie que les cultivateurs de céréales, particulièrement du maïs, subventionné alors à 350 euros l'hectare, vont percevoir des aides, tandis que les agriculteurs biologiques, mais aussi les éleveurs, de vaches laitières ou bétail de boucherie, qui utilisent l'herbe comme fourrage, ne toucheront plus grand chose.
Ceux qui choisissent d'améliorer la qualité de l'eau et des produits agricoles sont ainsi sanctionnés
L'agriculture biologique en France :Chiffres
Dans les années 80, la France représentait 40% de la surface bio européenne, aujourd'hui elle ne représente plus que 8%.
Le label
Les pionniers de l'agriculture biologique en France ont mis des années à obtenir une reconnaissance officielle du label AB par les pouvoirs publics. L'association "Nature et progrès" est à l'origine de ce combat. Elle s'est transformée aujourd'hui en "Fédération Internationale d’agriculture biologique". Elle milite pour une agriculture biologique, écologique, équitable et durable dans la biodiversité. Des consommateurs engagés pour un environnement de qualité. Un monde sans OGM, sans OMC et sans AGCS. Dans un réseau alternatif et solidaire.
Le label agriculture biologique (Logo AB) est aujourd'hui reconnu par le Ministère de l'Agriculture, un cahier des charges précis définit les règles permettant d'être certifié.
logo de l'Agriculture biologiquePlusieurs organismes certificateurs ont l'autorisation de délivrer la certification[1] : Aclave, Agrocert, Ecocert SA, Qualité France SA, Ulase, SGS ICS
Image de l'agriculture biologique en France
Selon une enquête de l'institut CSA, réalisée fin 2005, pour l'Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique :
90% des français estiment que les produits AB contribuent à préserver l'environnment ;
« Près d'un Français sur deux (47 %) consomme des produits biologiques au moins une fois par mois » et « plus d'un sur deux (56 %) se sent proche des valeurs bio ».
ils achètent leurs produits AB, pour 72% en grandes et moyennes surfaces,43% sur les marchés, 29% en magasins spécialisés, 22% auprès d'artisans-commerçants et 22% directement à la ferme ;
la majorité des consommateurs de produits AB habitent dans les régions Île-de-France et celles du pourtour méditerranéen.
La filière lait AB :
la collecte de lait AB est passé de 45 millions de litres de lait en 1998 à 145 millions de litres en 2001. Parallèlement, le nombre d'exploitations laitières à triplé pendant cette période (de 350 en 1998 à 1040 en 2001).
Agriculture biologique et agriculture conventionelle :L'opposition entre ces deux types d'agriculture n'est pas aussi radicale que cela peut apparaître à première vue. D'une part, le cahier des charges de l'agriculture biologique préconise un certain nombre de mesures de gestion qui peuvent s'appliquer en agriculture classique, par exemple la rotation des cultures, ou le délai minimum d'abattage des animaux, qui s'impose aussi pour certains labels de qualité.
D'autre part, l'interdiction de produits chimiques (les cahiers des charges les définissent précisèment) n'est pas totale en agriculture bio, elle est plus restrictive, les pyréthrénoïdes et la roténone, deux insecticides naturels tirés de végétaux sont autorisés, ils ont une biodégradabilité rapide et sont beaucoup moins nocifs que la plupart des insecticides de synthèse issus de la pétrochimie.
Il est vrai que les agriculteurs bio préfèrent restaurer les équilibres de la petite faune en favorisant la faune utile et les prédateurs naturels (lutte biologique) plutôt qu'éliminer indistinctement toute activité animale.
Un exemple de moins en moins controversé est celui de la bouillie bordelaise (à base de sulfate de cuivre) utilisée en arboriculture fruitière (pas seulement en agriculture biologique) est autorisée alors que la toxicité du cuivre aujourd'hui reconnue va conduire à son élimination, y compris en agriculture classique, déjà les effet nocifs du cuivre avaient entrainé une diminution des doses de cuivre dans la bouillie bordelaise et le recours de plus en plus fréquent à d'autres méthodes.
L'agriculture bio élimine un certain nombre de risques sanitaires induits par l'usage, ou l'abus de certains intrants chimiques, mais elle introduit des facteurs de risque liés à certaines pratiques :
l'interdiction des fongicides chimiques entraîne le risque de présence de mycotoxines dans les aliments ;
l'emploi de fertilisants organiques peut amener des germes pathogènes pour l'homme; c'est vrai aussi en agriculture classique ;
l'emploi de médicaments homéopathiques doit être subordonné à une vérification de leur efficacité réelle, c'est pourquoi l'usage ne fait pas consensus parmi les agriculteurs bio.
l'interdiction d'emploi de désherbant entraîne parfois l'augmentation des travaux culturaux d'où une augmentation de la dépense énergétique par unité produite (en contradiction parfois avec la notion de développement durable).Cependant on reconnait aujourd'hui, ce que l'on appelle communément les "mauvaise herbes", ont un rôle bénéfique de décompactage des sols et d'apport d'éléments minéraux.
L'agriculture biologique a aussi permis de développer de nombreuses techniques et technologies innovantes dont la plupart se diffusent lentement dans l'agriculture productiviste et possèdent des avantages non négligeables :
elle supprime la plupart des nuisances liées aux pesticides que ce soit pour les nappes phréatiques ou les eaux de surface, la faune et l'homme ;
en relocalisant les productions et en recourant moins aux intrants, elle revitalise le tissu socio-économique local, crée des emplois, évite des flux de marchandises facteur d'effet de serre et diminue les infrastructures d'extraction de matières premières, infrastructures extrêmement polluantes en général ;
elle utilise beaucoup moins de matériaux issus de la pétrochimie et donc tend à retarder le pic pétrolier ;
elle est très favorable à la biodiversité ;
elle permet de diminuer l'exode rural en améliorant la viabilité à long terme des exploitations et l'image des paysans ;
elle est un moyen de lutter contre l'érosion.
selon une étude de la Cornell University[3] de New York, elle consomme 30% d’énergie en moins, moins d'eau et pas de pesticides pour des rendements équivalents.
Néanmoins, elle se diffuse très lentement dans le milieu agricole professionnel et reste marginale, malgré les aides importantes à la reconversion. Elle trouve la plupart de ses adeptes et défenseurs parmi les néo-ruraux et les mouvements écologistes des villes.
Nombreuses sont les collectivités territoriales à favoriser activement l'agriculture biologique afin de faire de grosses économies et d'améliorer la santé des populations, tel que la ville de Munich depuis 1991 pour protéger les ressources en eau, ce programme est un succès.
Le tout-biologique :L'agriculture biologique étant globalement 30 à 40% moins productive que l'agriculture conventionnelle, pourrait-elle remplacer celle ci et nourrir la population mondiale ? En partant sur la quantité de nourriture nécessaire à un repas moyen français et en se basant sur les chiffres du ministère de l'agriculture et de l'Insee, la surface agricole française pourrait nourrir 48 millions de personnes en biologique. En appliquant ce raisonnement au niveau mondial, il y aurait suffisamment de nourriture pour 7,8 millards de personnes.
Il semble par ailleurs que, loin de protéger l'environnement, le fait d'exiger davantage d'hectares, est un facteur d'accroissement de l'empreinte écologique. A noter de plus que le développement des biocarburants, souvent prôné également par les mouvements écologistes, entre en conflit avec l'agriculture alimentaire, et avec le maintien de la forêt, pour le partage des surfaces cultivables.
Il est répliqué par les tenants du tout-bio que si on supprime le gaspillage actuel (près de la moitié de la nourriture produite aux USA finirait à la poubelle) et qu'on accepte un régime un peu moins riche en viandes (l'alimentation du bétail requiert une surface agricole très importante, surface qui serait utilisée pour l'alimentation humaine si la demande en viande diminuait), tout en prenant en compte le fait que les pays les moins productifs pourraient bénéficier des surplus des autres, la généralisation de l'agriculture biologique est alors largement possible.
Un tel bouleversement agricole serait, du point de vue de ses supporters, avantageux économiquement (dépense énergétique nettement moindre, secteur plus rentable, moins de dépenses liées aux traitements des pollutions, moins de dépenses pour la santé), créatrice d'emplois, saine et écologique. Cela supposerait des méthodes dérivées du maraîchage (micro-agriculture biointensive par exemple).
Définition extraite du site Wikipedia .